Résumé

Cette étude est une synthèse bibliographique sur l’espèce Quercus canariensis, essence endémique de l’ensemble ibéro-maghrébin (Espagne, Portugal, Maroc, Algérie, Tunisie). Ce travail va contribuer en premier lieu à la connaissance de l’écologie et la production de cette espèce qui subit beaucoup de pression et de dégradation ces dernières années en Tunisie et en deuxième lieu les perspectives de réhabilitation de l’espèce pour leur protection. L'étude est réalisée dans le but d’étudier l’écologie, la production et état de dégradation de l’espèce et enfin étudier les perspectives de réhabilitation de Quercus canariensis en Tunisie. Elle est basée sur les travaux de recherches qui ont été réalisés en Tunisie sur 70 années sur Quercus canariensis (30 références bibliographiques depuis 1952). En Tunisie, les principaux peuplements de chêne zéen sont concentrés dans les montagnes de Kroumirie occidentale. Les premières coupes rases de chêne zéen en Tunisie sont réalisées entre 1883 et 1895 à El Feidja et d'Ain Draham. Avant la colonisation le chêne zéen a occupé 100 000 ha dans le Nord-Ouest de la Tunisie. En 1970 cette superficie a diminuée à 40 000 ha, dont 10 000 ha en peuplements purs et 30 000 ha en mélange avec le chêne liège. Actuellement la superficie de chêne zéen est estimée à 8332 ha en peuplement pur et 13 651 ha en mélange avec le chêne liège. Les anciens arbres de chêne zéen dépasse un âge de 330 années. L'accroissement moyen annuel des peuplements de chêne zéen varie entre 4 et 8 m3 ha-1an-1 dans les peuplements d'âge moyen. Dans ce peuplement le volume sur pied est de 307,8 m3 ha-1. La production de la biomasse totale varie entre 211 et 267 Mg ha-1. La forêt de chêne zéen a perdu, au bout de 40 ans, environ 40 % de sa superficie. Cependant, des nouvelles espèces forestières ont occupé le paysage dès la fin des années 1980, comme l'acacia, le pin d’alep, l’eucalyptus, le pin pignon et le pin maritime qui envahissent maintenant l’écosystème de chêne zéen et de chêne liège. Aujourd’hui, la forêt de chêne zéen est confrontée à une dégradation progressive et irréversible continue. Le déboisement a empêché la régénération naturelle, en outre, les différentes maladies et les changements climatiques jouent aussi un rôle négatif. Aussi nous ajoutons à cet ensemble de facteurs l’absence de l’aménagement forestier, d’où des traitements sylvicoles sont nécessaires pour la conservation et la valorisation de cette espèce noble qui est considérée comme un patrimoine naturel en Tunisie.


Mots-clés : Chêne zéen, Répartition géographique, Accroissement, Production, Sylviculture, Aménagement, Intérêt