Analyse du financement de la conservation, de la gouvernance et de l'état écologique du Domaine et de la Réserve de Chasse de Bombo-Lumene (RDC)
Résumé
Les aires protégées périurbaines du Bassin du Congo sont confrontées à des pressions anthropiques croissantes et à des contraintes persistantes de financement et de gouvernance. Cette étude analyse les relations entre financement de la conservation, gouvernance participative et état écologique dans le Domaine et Réserve de Chasse de Bombo-Lumene, situé à l’est de Kinshasa (République Démocratique du Congo). Les données proviennent d’analyses documentaires, d’enquêtes auprès des gestionnaires, institutions, partenaires et communautés riveraines, d’observations de terrain ainsi que d’analyses spatiales de l’occupation du sol entre 2000 et 2025. Les données ont été analysées à l’aide de statistiques descriptives, d’analyses des correspondances multiples (ACM) et de corrélations de Spearman. Les résultats montrent que les crédits publics alloués à l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature représentent seulement 0,026 % du budget national en 2026. À l’échelle de la réserve, seulement 14,4 % du budget prévisionnel de 2022 ont été exécutés, sans aucune dépense consacrée à la recherche ou au biomonitoring. L’ACM des acteurs révèle un premier axe expliquant 38,8 % de l’inertie, opposant les communautés riveraines et gestionnaires de terrain, associés à un financement insuffisant, une faible participation communautaire et des pressions élevées, aux institutions et partenaires techniques associés à des conditions de gestion plus favorables. Les corrélations indiquent une forte association positive entre financement, gouvernance et capacités opérationnelles, tandis que les pressions anthropiques sont négativement corrélées au financement et à la gouvernance. Les analyses spatiales montrent une diminution de la forêt dense de 13 206 ha à 6 524 ha entre 2000 et 2025, accompagnée d’une augmentation des cultures et champs abandonnés de 12 819 ha à 21 538 ha. Le taux annuel moyen de déforestation est estimé à 0,39 %. L’ACM écologique met en évidence un gradient de pression anthropique opposant les villages faiblement perturbés aux localités soumises à des niveaux élevés de braconnage, d’agriculture et de dégradation des habitats. La présence de grande faune est fortement et négativement corrélée à la dégradation des habitats, à l’agriculture et au braconnage. Ces résultats soulignent que les contraintes de financement, de gouvernance et de capacités opérationnelles contribuent à la persistance des pressions anthropiques et à la dégradation progressive des habitats. Le renforcement du financement opérationnel, du suivi écologique et de la participation communautaire apparaît essentiel pour améliorer l’efficacité de conservation de cette aire protégée périurbaine du Bassin du Congo.
Mots-clés: aire protégée, financement de la conservation, gouvernance participative, pressions anthropiques, occupation du sol, biodiversité, République Démocratique du Congo
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