Résumé

Les marchés à terme de matières premières connaissent un développement considérable dans le monde. L’intérêt de ces marchés réside dans la fonction de découverte et de gestion de risque de prix. Dans cet article, nous caractérisons à travers un travail d’enquête la place qu’occupent ces marchés dans les importations courantes de céréales au Maroc. Les résultats de l’enquête montrent que l’accès aux instruments de couverture contre le risque de prix pour les importateurs céréaliers reste limité et ne dépasse pas 26% des entreprises importatrices et concernent principalement les négociants et quelques marchands de grains. Les négociants couvrent près de 83% de leurs positions sur le marché physique pour le maïs et 75% pour le blé tendre (moyenne 2015-2018) tandis que les positions des marchands de grains sur le marché à terme sont de 46% pour le maïs et 42% pour le blé tendre. Le recours des marchands de grains aux contrats à terme n’est pas systématique. On estime que 1% seulement du volume importé est couvert en achetant des contrats d’option et 10% des positions sur le marché physique fait l’objet d’une couverture sur contrats futures. Les négociants couvrent plus de 78% de leurs positions sur le marché physique par l’achat (ou la vente) des contrats à terme. Ils couvrent près de 47% de leurs positions sur le marché physique par les contrats d’options et près de 32% de leurs positions sur les contrats futures. Face à cette situation, plusieurs mesures peuvent être appliquées pour revoir les coûts et les documents exigés pour les opérations de couverture et pour améliorer davantage la visibilité pour les importateurs marocains de céréales.