Résumé

La filière marocaine des fruits rouges a connu un essor consistant durant la dernière décennie, soutenue par la stratégie nationale agricole et tractée par l’expansion de la demande sur les marchés internationaux. Cependant, l’évolution qu’a enregistrée la production marocaine interpelle sur la pérennité et la bonne gestion des ressources hydriques. Cette étude vise à évaluer les implications du système de production des fruits rouges en matière d’utilisation et de valorisation de l’eau d’irrigation. Pour y répondre, nous avons calculé la valorisation financière et agronomique de l’eau, correspondant respectivement au rapport de la marge bénéficiaire nette et de la production totale sur le volume d’eau apportée. Les données ont été collectées sur le terrain moyennant un échantillonnage aléatoire et simple dans le périmètre du Loukkos sur 93 exploitations de fruits rouges. Au niveau de la valorisation financière, la myrtille affiche une rentabilité de 67,3 DH/m³ d’eau, expliquée principalement par son prix élevé, suivie de la framboise avec 54,2 DH/m³ puis de la fraise avec 12,4 DH/m³ d’eau. A l’inverse, la valorisation agronomique est plus importante chez la fraise avec 7,12 Kg/m³, suivie de la framboise avec 3,35 Kg/m³ puis de la myrtille à 1,96 Kg/m³. Cet article met l’accent sur les points cruciaux de la filière tels que la durabilité de l’apport hydrique, la disponibilité de la main d’œuvre qualifiée et le foncier. Il préconise également la conquête d’autres marchés d’export et la mise aux normes nationales des produits destinés à aux marchés internationaux.


Mots-clés: Fruits rouges, valorisation de l’eau, productivité de l’eau, Loukkos, Irrigation.