Résumé

Dans la région de Fès-Meknès, notamment au Moyen Atlas, la culture du pommier est d’une importance capitale. En effet, elle occupe le deuxième rang des spéculations arboricoles de la région derrière l’amandier. Néanmoins, cette culture est sujette à une multitude de maladies, aux ravageurs et à l'infestation par les adventices. Une enquête sur les connaissances, les perceptions et les pratiques (CPP) des pomiculteurs en matière de lutte contre les ennemis du pommier et de changement climatique a été menée au printemps 2018 dans deux principales provinces productrices de pommes de la région Fès-Meknès. Chaque pomiculteur a déclaré avoir perçu en moyenne deux maladies et trois ravageurs dans son verger. La protection phytosanitaire a été effectuée par une combinaison de méthodes de lutte culturale et chimique. Tous les pomiculteurs enquêtés ont appliqué des traitements d’hiver et environ 60% d’entre eux ont adopté la surveillance des bioagresseurs par inspection visuelle avant d'appliquer des produits phytosanitaires. En outre, 42 % des répondants ont choisi ces derniers sur la base des informations reçues des revendeurs de pesticides et une moyenne de 20 traitements par an était appliquée dans chaque verger. Une analyse de régression multiple a montré que ni l'âge des pommiers ni le nombre d'applications de pesticides n'influaient sur le rendement. Quant aux conditions météorologiques défavorables, tous les vergers de pommier étaient affectés et les problèmes fréquemment ressentis étaient les gelées, la grêle, le vent chaud et la pénurie d'eau. 51 % des vergers étaient protégés avec des filets anti-grêle. Afin de réduire le taux d'applications de pesticides, l'agriculture biologique est une approche alternative et environ 40 % ont accepté de se convertir à cette pratique à condition que la facilitation du marché soit établie.


Mots clés: Vergers de pommiers, CPP des pomiculteurs, protection phytosanitaire, changement climatique, région Fès-Meknès, Maroc